Un
groupe G est un ensemble fini
ou infini d'éléments avec une opération binaire
qui vérifie quatre propriétés fondamentales. Le
premier développement formel de la théorie des groupes,
centré autour d'idées dues à Galois et datant du
19ème siècle, concernaient les groupes finis. La notion
d'un groupe abstrait infini est clairement due à
Cayley.
Cependant, l'importance et la profondeur de son
axiomatisation ne furent pas immédiatement perçues. La
théorie des groupes connut un essor très important au
milieu du 20ème siècle poussé en particulier par
la reconnaissance du rôle des groupes en géométrie
et en topologie, notamment à travers des notions telles que
les actions de groupes.
Les actions de groupes sont très
importantes non seulement dans la théorie elle-même mais
aussi dans ses applications : c'est le passage entre le groupe
abstrait et le groupe concret, celui qui est donné par des
transformations (isomorphismes linéaires,
homéomorphismes,
etc.).
Ce principe sera l'idée centrale des cours
orientés « recherche » du M2. Le cours du premier
semestre, intitulé «
Compléments sur les groupes
et les variétés », fera le lien entre la
notion
de groupe abstrait (groupe libre, présentation abstraite de
groupe) et la notion d'action (topologique) de groupe. Ensuite, dans
le second semestre, nous déclinerons cette idée à
travers deux théories : les
actions des groupes sur la droite
et le cercle, d’une part, et les groupes de tresses, d’autre
part.
Pour suivre ces cours sont requis des connaissances de
base sur les groupes (le cours d’algèbre de licence suffit)
et un peu de topologie. Les enseignants adapteront le programme au
public présent en privilégiant le souhait des
étudiants.
La notion de
groupe va de pair avec la notion d'action de groupe et c'est à
travers ce concept que l'on relie les groupes à toute sorte
d'objets dont les espaces topologiques et, en particulier, les
variétés.
Le but de ce cours est de donner
certaines bases importantes sur les groupes, les
variétés, et leurs interactions. C’est un bon
complément au programme d’algèbre de l’agrégation
sur les groupes et leurs actions. Il est divisé en 5 parties :
1.
Combinatoire des groupes
2. Structures géométriques
sur les variétés
3. Groupes fondamentaux des espaces
topologiques
4. Actions propres de groupes discrets et
revêtements
5. Applications aux structures géométriques
* Massey, William S. Algebraic topology: an introduction. Reprint of the 1967 edition. Graduate Texts in Mathematics, Vol. 56. Springer-Verlag, New York-Heidelberg, 1977.
* Massey,
William
S. A basic course in algebraic topology. Graduate Texts in
Mathematics, 127. Springer-Verlag, New York, 1991.
* Spanier, Edwin H. Algebraic topology. Corrected reprint. Springer-Verlag, New York-Berlin, 1981.
Le cours
présente un
panorama de résultats élémentaires qui relient
la structure algébrique d'un groupe et ses actions
possibles sur la droite ou le cercle. Voici une liste de
résultats
qui donnent l'esprit de ce cours. On ne proposera sans doute pas tous
ces résultats dans le temps imparti, et on en proposera sans
doute qui ne sont pas dans la liste. Un article fondateur de
Etienne Ghys ainsi qu’excellent livre de Andres Navas pourront
servir de support au cours, et permettront des explorations plus
approfondies a ceux qui le désirent.
1) Les
homéomorphismes du cercle ; théorie de Poincaré:
nombre de rotation, semi conjugaison à une rotation si ce
nombre est irrationnel. Relation avec les homéomorphismes
commutants de la droite réelle.
2) Théorie de
Denjoy pour les difféomorphismes du cercle: conjugaison a la
rotation si le
difféomorphisme
est de
classe C2, contre exemple si le difféomorphisme est
de classe
C1.
3) Théorème d'Hölder pour les actions
libres d'un groupe sur la droite réelle. Caractérisation
des actions conjuguées à un sous-groupe du groupe
affine.
4) Centralisateur d'une contraction de R
: théorèmes
de Szekeres et de Kopell. Invariant de Mather des
difféomorphismes
de l'intervalle [0,1], sans points fixes dans ]0,1[.
5) Espace
des orbites d'un groupe de difféomorphismes analytiques de la
droite.
6) Actions des groupes nilpotents sur la droite et le
cercle: Exemples d'action continue. On montrera que toute action
d'un groupe nilpotnent par des difféomorphismes de classe C2
est abélienne. Exemple d'action de groupes
résolubles.
7) Exemples d'action analytique avec un"
minimal exceptionnel". Théorème de
Schwarz-Sachsteder.
8) Argument du Ping-pong pour
montrer qu'un groupe de Schottky est un groupe libre.
La
notion de tresse, vu comme
objet « entrelacé » remonte à plusieurs
siècles et a été universellement utilisée
à des fins décoratives ou même pratiques, par
exemple dans la confection des cordes. Maintenant, cette notion est
décrite à l’aide de modèles abstraits connus
sous le nom de «théorie des tresses ». La
théorie
des tresses étudie le concept de tresses (telles qu’on
les imagine) ainsi que différentes généralisations
issues de différentes branches des mathématiques.
L’idée est que les tresses forment un groupe. Le nombre de
brins (ou cordes) doit être fixé pour que
l’opération
soit bien définie. Ainsi nous avons un groupe de tresses
à
deux brins, un groupe de tresses à trois brins, etc. Le groupe
de tresses à un brin est trivial car une corde ne peut pas
être tressée (bien qu’elle puisse être
nouée).
On fait généralement remonter
l’étude mathématique des tresses à un article
d’Emile Artin datant de 1925 dans lequel est décrite la
notion de tresse sous différents aspects, l’un étant
celui évident, comme une «série de cordes tendues
et entrelacées », et d’autres, plus conceptuels mais
tout aussi profonds, tels qu’une présentation par
générateurs et relations, ou une présentation
comme groupe de difféotopies d’un disque pointé.
Le
but de ce cours est de présenter ces différents aspects
classiques de ces groupes ainsi que certains plus récents tels
que les liens avec la théorie des nœuds ou l’algorithmique.
Il sera divisé en 6
parties :
1. Tresses (définition et présentation
par générateurs et relations).
2. Espaces de
configurations
3. Groupes de difféotopies (ou mapping class
groups)
4. Groupe d’automorphismes des groupes libres.
5.
Algorithmique sur les tresses
6. Tresses et nœuds
* Hansen, Vagn Lundsgaard. Braids and coverings: selected topics. With appendices by Lars Gæde and Hugh R. Morton. London Mathematical Society Student Texts, 18. Cambridge University Press, Cambridge, 1989.
* Murasugi, Kunio; Kurpita, Bohdan I. A study of braids. Mathematics and its Applications, 484. Kluwer Academic Publishers, Dordrecht, 1999.
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